Le
bouclage de l'A 86 à l'ouest de Paris ? Oui, mais pas avec ces tunnels
à risques.
Dans leur motion du 4 octobre 1995, les Maires de 13 communes concernées
par ce projet demandaient à l'Etat de réaliser ce bouclage sur
un seul tracé, entre Rueil et Rocquencourt, par deux tunnels parallèles,
à gabarit normal, un pour chaque sens du trafic, et sans péage.
Cette solution était à la fois moins coûteuse, plus
respectueuse de l'environnement, et surtout plus sûre pour les usagers.
(suite)

1988
Cofiroute propose à l'Etat de boucler la A 86 sans aide publique
(donc avec péage).
Juillet 1990
Cofiroute est chargée d'étudier le bouclage sous la supervision
d'un groupe de pilotage nommé par l'Etat.
Avril 1991
Naissance du "scénario des 2 tunnels", concepteur : Cofiroute.
Juin 1992
Rapport de la Commission Interministérielle de sécurité
pour le tunnel Est.
Juillet 1993
Suite à une mission confiée à un haut fonctionnaire le
scénario Cofiroute des 2 tunnels est confirmé.
Décembre
1993
Le Ministre de l'Equipement adopte le scénario Cofiroute des 2 tunnels.
Mars à
Juin 1994
L'Etat attribue la concession à Cofiroute sans appel d'offres.
Enquête Publique sur le projet Cofiroute: plus de 15 000 oppositions
au projet.
Juin 1994
Recours élus et associations auprès du Conseil d'Etat contre
le décret attribuant la concession à Cofiroute.
Novembre 1994
Rapport de l'Enquête Publique favorable au projet.
Octobre à
décembre 1995
Manifestations et pétition contre le projet Cofiroute.
Décembre
1995
Décret déclarant le projet "d'Utilité Publique"
(DUP).
Février
1996
Recours élus et associations auprès du Conseil d'Etat contre
la DUP.
Mai 1997
Le recours contre la DUP est rejeté par le Conseil d'Etat.
Février
1998
Le décret approuvant attribuant la concession à Cofiroute est
annulé par le Conseil d'Etat.
Avril 1998
L'Etat lance, cette fois, dans les règles, un nouvel
appel d'offres.
Novembre 1998
L'Etat reçoit 2 offres : celle de Cofiroute et celle d'un groupement
européen : ARYS (leader Bouygues).
Janvier 1999
Cofiroute est à nouveau retenu par l'Etat.
Février
1999
Recours de ARYS auprès du Tribunal Administratif.
Mars 1999
Catastrophe du tunnel du Mont-Blanc : 39 morts.
Avril 1999
Le Tribunal Administratif rejette le recours de ARYS.
Mai 1999
Catastrophe du tunnel des Tauern (Autriche) : 12 morts.
Novembre 1999
Décret attribuant la concession à Cofiroute.
Janvier 2000
Elus et associations déposent un nouveau recours auprès du Conseil
d'Etat, visant à l'annulation de ce décret.
Mai 2000
Lancement de la pétition.
Novembre 2000
9e Salon de l'Environnement
et du Cadre de Vie à Paris Expo : 35 000 visiteurs.
Présentation de la pétition.
30 novembre
2000
L'EXPRESS titre
" A 86 : un tunnel dément".
Depuis le sinistre survenu le 24 mars 1999 dans le tunnel du Mont-Blanc, où 39 personnes ont trouvé la mort, et celui du 28 mai 1999 dans le tunnel des Tauern en Autriche, qui a fait 12 morts, personne n'ignore plus ce qu'est un tunnel à risques. C'est, pour employer le jargon des spécialistes, "un monotube à circulation bidirectionnelle". Et il est d'autant plus dangereux qu'il est plus long, que le trafic y est dense, et qu'il est ouvert aux poids lourds.
Dans
les deux cas, c'est l'incendie d'un poids lourd dans le tunnel qui
a été à l'origine de la catastrophe. Dans le tunnel
du Mont-Blanc, il a fallu 53 heures pour venir à bout de l'incendie
qui s'était propagé de véhicule en véhicule, et
leurs occupants sont vraisemblablement décédés
par asphyxie dans les 10 à 15 premières minutes.
Dans le tunnel des Tauern, c'est en 15 heures que le sinistre impliquant 8
poids lourds et 13 véhicules de tourisme, a été maîtrisé.
(suite)
L'État a signé le 3 septembre 1999 avec COFIROUTE, une convention, approuvée par un décret du 25 novembre 1999, concédant à cette entreprise la construction, l'exploitation et l'entretien de deux tunnels destinés à assurer le bouclage de l'A 86 à l'ouest de Paris, dont la conception, qui date de 1988, est aujourd'hui, après les catastrophes de mars et mai 1999, un défi au Principe de Précaution.
Ce décret fait en conséquence l'objet d'un recours en annulation devant le Conseil d'État engagé le 28/01/2000 par des associations (Groupement des Associations de l'Ouest Parisien - GALOP -, Ile de FRANCE Environnement, Environnement 92) et des municipalités (Versailles, Viroflay, Vaucresson, Le Chesnay).
(suite)
Le
rapport du député Christian Kert du 11 mai 2000, adopté
par l'Office Parlementaire d'Évaluation des Choix Scientifiques et
Technologiques, énonce dans sa recommandation 1 (page 165) :
Tout nouveau
tunnel de longueur supérieure à 1 km devra obligatoirement être
constitué de deux tubes unidirectinnels ;
Tout nouveau tunnel urbain de fort trafic de longueur supérieure
à 300 mètres doit nécessairement être formé
de deux tubes unidirectionnels.
Quand au tunnel Est (voir coupe ci-contre), engager les automobilistes dans une galerie de 11 km, de 2 mètres de hauteur utile, inaccessible en cas d'accident aux véhicules médicalisés du SAMU, aux camions des pompiers et aux véhicules de désincarcération, c'est mettre en danger la vie d'autrui.